Mallendi

Biographie de Mallendi

L'enfance


Herman NZAMBA BOUSSOUGOU est né le 18 juin 1980 à Libreville au Gabon de Mr Boussougou Marcelin de coutume Punu de Mouabi, Ndende, Tchibanga et de Mme Nzahou Koumba Victorine, de coutume Loumbou de Mayumba, Cétékama et Voungou, Varma. Issu d’une famille traditionnaliste des deux côtés, initié à l’âge de 7 ans au Bwiti Ngondé, plus communément appelé Missoko, par Mr Nguimbi Moussavou Christian, connu sous le kombo (nom d’initié) Etsamangua, Mr Herman Nzamba Boussougou ramène de son initiation en juillet 1987 le kombo de Mallendi (Rameaux de palme). L’enfant du Bwiti – Mallendi – grandit entre tradition et modernité.


L'appel


Dès lors, il suit une formation avec son père spirituel jusqu’en 1997 où, dans un songe, en dormant, le jeune Mallendi voit plusieurs scènes où il est dans un jardin avec des Européens dans la nuit. Au réveil, il raconte son songe à son père spirituel qui lui répond que cela est normal et le jeune Mallendi lui demande pourquoi. De là, Etsamangua lui fait le récit de ce qui s’est passé quelques années en arrière. Il lui dit : « Souviens-toi le jour où je t’avais donné la bénédiction de diriger la veillée pour la première fois, le matin après la cérémonie, il y a une femme blanche qui était venue avec son mari pour une consultation. » Et il rajoute avec une fermeté époustouflante : « Tu es de la génération qui fera le Bwiti avec les Blancs ». Le destin du jeune Mallendi est dès lors tracé.


En 1998, un vieillard boiteux, qui portait sur sa tête un bonnet à dorures en or brillant et une longue barbe blanche en couronne, vient en consultation chez Etsamangua et son fils Mallendi. Lors de la consultation, ils découvrent qu’il était père initiateur dans le Bwiti Fang et, en 1979, il initia un Européen qui en amena d’autres après lui pendant plusieurs années. Mais il constata ensuite que plus personne, pas mêmes les Gabonais, ne venait dans son village. Pour résoudre le problème, il était nécessaire de faire sept jours de cérémonie pour nettoyer le village. Pendant la cérémonie, les phares de trois voitures sont arrivés dans la nuit : un groupe de Blancs, composé de quatre hommes et une femme, descende des voitures et rentre au temple pour veiller jusqu’au matin. Ils assistent aux exploits du jeune nganga Mallendi qui consulta quarante personnes d’affilée. Ce matin-là, Mallendi se fait remarquer par le plus ancien des Blancs, Mr Hugues Obiang (kombo Ndongo). Intrigué par les talents du jeune Mallendi, il décide de ne plus le lâcher et ils commencent à travailler ensemble.

Le père initiateur


En 1999, Mallendi devient officiellement père initiateur dans le Bwiti Ngondé. Son premier Banzi est un Blanc. Ensuite, avec Mr Obiang, il fonde l’association Ebando dont il est le président fondateur ; celle-ci devient la première association à promouvoir la culture gabonaise et qui parle spécifiquement du Bwiti et de la plante sacrée du Gabon. Dans la foulée, il travaille avec le LUTO (Laboratoire Universitaire des Traditions Orales) et ainsi il initie la première conférence sur le Bwiti à l’université Omar Bongo Ondimba. En 2000, il travaille à l’école conventionnée du charbonnage, toujours dans le but de valoriser la tradition bwitiste. À Libreville et sur tout le territoire gabonais, Mallendi initie, forme et soigne des personnes de tous horizons – que ce soit des Gabonais ou des Français. La même année, il devient le premier mannequin pour Télécel, la première maison de téléphonie mobile au Gabon.




L'europe


En 2001, il est le premier Nganga gabonais à fouler le sol français et son premier Moulingou (patiente) est une femme victime d'une GU. En décembre, un réalisateur de films le contacte et en janvier 2002 commence au Gabon le tournage du film Iboga et les Hommes du Bois sacré. De retour en France, il initie un écrivain et avec lui il co-écrit un livre appelé Bois sacré initiation à l’iboga. De là, il fonde avec quelques amis l’association « Savoirs d’Afrique » dont il est le président fondateur.

  Lors de l’avant-première du film, il rencontre Mr Sestier, le gérant du site internet " ibogai.org", plus connu sous le nom de "Meyaya", chargé d’organiser des séminaires où le Nganga Mallendi peut exercer son métier en toute sérénité. En 2004, il organise la première grande cérémonie de Méyaya (veillée de réjouissance) à Aubervilliers. Ses rencontres lui permettent aussi de devenir le premier tour opérateur d’aventures au Gabon avec la société « Nomade Aventure et Terres d’aventures ». Grâce au film et au livre, plusieurs articles de presse sont parus sur lui dans les plus grands magazines de la presse française et internationaux (voir son presse book). Il donne plusieurs conférences dans différentes institutions publiques en France sur le Bwiti, la médecine traditionnelle et le Bois sacré. Par exemple :  le musée de l’Homme et d’histoire naturelle de Paris, Université Paris 8, tournée FNAC dans plusieurs villes de France pour la promotion du livre Bois Sacré. Aussi dans la plupart des associations des étudiants gabonais de France.

En 2007 un évènement bouleverse sa vie (vous aurez l’occasion de découvrir l’histoire dans son futur ouvrage qu’il a décidé de consacrer à la question Bref)

En février 2007, il travaille au conservatoire supérieur de musique et de danse de Paris en qualité de reprographe.

En décembre 2007, il démissionne du conservatoire et s’installe au lieu-dit « les Brousses 86410 L’Hommaizé » en tant que président de l’association « Savoirs d’Afrique ». « Les brousses » est une ferme dans le Poitou Charente qu’il va transformer en village du Bwiti. En ce lieu, il va former une vingtaine de personnes, hommes et femmes, issus de divers milieux parmi lesquels des cas sociaux qui étaient destinés à être des marginaux ou des perdus dans la société française ; il va user de toutes ses forces pour les remettre sur le droit chemin afin qu’ils soient des hommes intégrés dans la société. Il les a initiés tout d’abord aux instruments de musique traditionnelle, ndougou, mobinda, missoumba, baké, moungongo, soqué, essaza, moukoko, kéndo, etsikamboudi, puis aux chants, à la danse, aux contes et légendes du Gabon, à l’histoire du Bwiti et à l’enseignement des peintures corporelles. Après un an de formation intense, l’équipe enfin prête, il monte le groupe Bwékayé (bonjour). Pour rendre hommage à ces personnes courageuses qui ont accepté de l’accompagner dans cette aventure, voici quelques noms de ceux qui ont fait partie de l’histoire ; afin de respecter leur vie privée, il s’agit de leurs noms d’initiés : Yatembo, Moutéma, Ohéya, Moutodi, Moudangua, Essingué, Gandi, Moussigui, Dimessa, Ngondé, Dissoumba, Bobago, Bayoki,etOudiabogo, Matseguégué, Mokombo, Dibobé, Kangua, Etsika, Evovinoka, Koumoatségué, Koumoamboka, Mabaka, Toto, Pindi, Ngondé, Ngozo, Matodi, Mbilmbilsodi, Ditéboué, Mouhadiakomé, Mouïssi, Mbela, et d’autres.

Avec eux, le spectacle appelé « Le Cœur de la Forêt » donne plusieurs prestations dans la région. Il travaille avec la mairie de L’Hommaizé, il donne des cours et des ateliers dans l’école de la commune et dans d’autres villes comme avec le Lycée de Pontivy et aussi avec la communauté scoute de la région de Poitiers. Quelques articles de presse sont parus sur leurs activités (voir press-Boock). Toutes ces actions menées par Mallendi sont toujours dans but de valoriser la culture gabonaise dans son ensemble. 

Le retour au pays pour se ressourcer


Pour se ressourer, le Nganga Mallendi va dans sa famille maternelle, il va voir son grand-père Pambo Célestin et sa grand-mère Pauline Kingua, tous deux héritiers du Bwiti dissoumba des Loumbou ; ensuite, il va dans la Nyangua plus précisément à Tchibangua voir sa maman et ses deux oncles Jean Blek Doukagua (kombo Awago), digne héritier de Modjo Lessi, Mandombo dans le Mihoba de Koulamoutou et de Djogué Kadafi  dans le Mihoba de Dibois  et Pambo Dieudonné (kombo Anihèha), père initiateur dans le Ndoné, fils de Pozi à Mouila. Avec eux, il se ressource et s’enrichit.  De retour à Libreville,  il va chez son parent Dindama (kombo Ditsi) qui le conduit chez son grand-père Modjo Etienne (kombo Dipigou) au PK12, digne héritier de Doumou Pierre dans le Ndondé de Manoumba dans le Mwiri de Kouma dans le Dissoumba des Massago. Avec lui, le nganga Mallendi poursuit sa formation dans le Mwiri et le Dissoumba. Ensuite, Mallendi va à koulamoutou, plus précisément à Madji Pouvi où il prend le Nzéo avec le vieux Modjo Pierre (kombo Ndogo).


Dans le village Tsina Moutombi, Mallendi et sa femme soignent et initient plusieurs femmes et hommes gabonais et d’autres qui viennent du monde entier et qu’il forme chaque année.

De son côté paternel, Mallendi vient d’une famille en plein dans les Mahangua car sa grand-mère Manomba, était une grande prêtresse dans les Bilombo Mabazi Guémbé des Mihèné les Gouévilo, et son père géniteur fut initié par Dessayo Itsamagua qui fut d’abord son oncle dans le sang, avent d’être son père dans le Bwiti. Qui dit Dessayo dit la famille Mambouté. Il faut vous dire ici que Mallendi vient des deux côtés - paternel et maternel - de familles qui pratiquent le Bwiti et les Mahangua depuis plusieurs générations, tout comme sa tante aussi : Dibogua Hortense (kombo Dizona), mère dans le Maboundi, Mboumba, Mabazi, Elombo, veuve de Mr  Akoué François (kombo Mabondo), fils de Moumba Jean- Jacques dans le Bwiti ngondé et  sa grande soeur également - Pauline Léndoye (kombo Mahagua) - mère dans le Maboundi et le Mabazi, ainsi que ses grands frères Mbégua Alain Sainpierre,( kombo Moutoutou) et bien d'autres.

L'engagement


En 2013, Mallendi est nommé porte-parole et chargé de la communication à la Fondation Stéphanie Djedje Mousounda. Là encore, il participe à plusieurs plateaux télévisés, rémissions de radio et conférences.  Avec l’association « Yakendo » de papa Moutouki, il est aussi directeur de projet au compte de l’association de lutte contre la pauvreté au Gabon.

En 2017, il est chargé de la communication et porte-parole international de l’ONG « Moughessagano » qui rassemble tous les ngangas du Gabon.

        

Il y aurait beaucoup à dire sur l’engagement de Mallendi en ce sens, sur la valorisation des savoirs millénaires des peuples de la forêt du Gabon. Pour ne pas en faire un roman, voici la conclusion. Grâce à toutes ces actions, Mallendi a réussi à changer le regard que les Gabonais portaient sur le Bwiti et les Bwitistes eux-mêmes.


Aujourd'hui


De 2001 à aujourd’hui, beaucoup de Gabonais ont renoué avec leur tradition, même au-delà des frontières du Gabon, en France, plusieurs Françaises et Français, et d’autres personnes venant d’autres pays d’Europe ou d’Amérique, ont connu l’existence du Gabon et du Bwiti grâce à Mallendi.

Aujourd’hui, plusieurs ngangas du Gabon le copient, s’inspirent de lui ; beaucoup aspirent maintenant à sortir du Gabon comme lui, pour promouvoir leur savoir-faire – ce qui est une bonne chose, car c’est le souhait de Mallendi de donner une valeur ajoutée au Bwiti et de rendre la tradition accessible à tous. Le combat de toutes ces années portent enfin ses fruits.

C’est grâce au site www.bwiti.org, avec qui il a tissé un partenariat fort et équitable, que tout cela a pu être possible, et il continue aujourd’hui à faire connaître Mallendi dans le monde entier et à lui envoyer les mouligou (patients).