adidjatou

Développement personnel & toxicodépendance

 

 

Visions de Adijatou (Camerounaise):

 

Au début bruit de fond de cigales, on entend tous les bruits de l'immeuble et de dehors: ils semblent très proches. On sent le sang battre dans la tête. On est entre sommeil et veille (idem Georges)

 

Je me suis retrouvée dans un village, au Nord Cameroun, j'avais deux ou trois ans, je voyais la maison de mon père, la vision était très précise, je peux en faire le plan, le toit était en chaume.

Sur la gauche, ma mère était dans sa minuscule cuisine, elle était assise sur un tabouret, on ne voyait que son genou qui sortait. J'étais avec ma soeur aînée qui était debout et ma soeur cadette encore petit bébé.

Le dispensaire de mon père (mon père était infirmier) était à gauche, à deux cent mètres de la maison, il mesurait trois mètres sur deux, peint en blanc, avec un toit de tôle, une porte, pas de fenêtre. Derrière le dispensaire, il y avait une forêt.

De l'autre côté de la maison (à droite) il y avait des vaches, puis des arbres. On ne voyait pas les maisons du village.

 

J'étais "chez Polo", employée comme vendeuse (vrai)......

 

Une chaîne orange, faite de maillons rectangulaires plats, très belle, se développait de gauche à droite selon un parcours correspondant à un arc en ciel un peu plus plat. La chaîne avait une tête que je sentais, mais que je n'arrivais pas à distinguer, elle me posait des questions sur des épisodes de ma vie

Tant que je répondais, la chaîne se développait de gauche à droite. Si je répondais "je ne sais pas" elle s'enfuyait sur ma droite et je n'avais plus de vision. J'essayais de retirer la chaîne vers ma gauche par sa "queue" mais elle ne bougeait pas du tout.

La chaîne revenait seule, avec de nouvelles visions. Une fois, je lui ai demandé "où étais-tu passée?" elle a répondu "j'étais coincée dans ton oreille".

La chaîne me posait des questions sur ce que j'aurais dû faire, ou ne pas faire, dans telle ou telle circonstance (très précise) de ma vie:

"- aimes-tu Amza ? oui ou non

- non, je ne l'aime pas, si je l'aime

- oui ou non

oui-non-oui-non-oui.....

(la chaîne et moi parlons en même temps)

- oui, oui"

Quand on est d'accord, les questions s'arrêtent.

D'autres fois, la chaîne me dit "tu sais bien que tu pensais ça, à tel moment", "tu sais bien que tu as fait ça pour telle ou telle raison" et je suis obligée d'approuver, alors que jusqu'à présent je pensais le contraire.

 

Ça a éclairé des points très sensibles de ma vie, de mes rapports avec mes proches......

 

Je me suis vue "deux": deux Adijatou en robe plissée rouge, avec des talons hauts(!). Celle de gauche était méchante. On s'avançait vers le fond. D'un coup celle de gauche va à droite et je me retrouve seule.

 

Je me suis retrouvée avec une grosse tête avec des gros yeux de mouche et un corps réduit à deux pattes noires avec trois doigts (poulet): j'ai dit: regarde, je suis très laide.

 

Il y avait un trou qui ressemblait à un tuyau annelé, de couleur rouge-orangé. Ça se creusait et au fond je voyais une tête humaine de la même couleur que le puits: la tête était écorchée, la peau tendue recouvrait le fond du puits, et on voyait les muscles, les tendons, les nerfs*. Il y avait une rigole qui venait du haut à droite et qui coulait dans le puits. Le liquide ressemblait à du sang vu au microscope : on voyait des globules rouges qui s'agitaient. Dès que je la voyais j'avais peur et je me réveillais. Cette vision est revenue plusieurs fois.

 

Quand tu as les visions, tu t'épanouis, tu parles très facilement, sans complexes, tout est facile à exprimer. Tu comprends pourquoi tu as fait -ou pas fait- telle ou telle chose, tu regrettes certains actes, tu te rends compte que tu aurais pu -dû- agir autrement et mieux.

 

L'iboga est comme un guide spirituel.

 

Je me suis rendue compte que ma vie c'était à la campagne, pas en ville.

 

(en tout, j'ai revécu -et réévalué- sept situations très précises de ma vie)

 

 

Adijatou 5 mois après:

 

"Ce que je pense, je le dis, ce que je veux faire, je le fais"

 

"Avant, je ne pouvais pas me passer de ma Leffe à 11h, dans l'après-midi et le soir. A présent, j'en bois de temps en temps, ce n'est plus une obligation."

 

J'ai aussi arreté de fumer sans difficulté.

En 2005 Adijatou continue de s'intéresser à l'iboga. Elle a suivi une formation de guérisseuse traditionnelle au Cameroun et a son diplôme de "tradipraticien" délivré par l'Etat.

Obaka